Vendredi 24 avril 2009
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Une histoire qui pourrait paraître anecdotique mais qui est en réalité le quotidien de nombres personnes en
situation de précarité. Sur mon 1er chantier, une école privé de 8 Millions d'euros en banlieue parisienne, j'ai effectivement rencontré une équipe de plaquiste qui était "employée" par des sous
traitants de sous traitants. L'un d'eux est venu me voir un vendredi après midi pour m'expliquer que son patron ne voulait pas le rémunérer pour le travail réalisé sur le chantier. Ce roumain m'a
tendu un billet de 20 euros en m'expliquant que c'était tous ce qui lui restait pour vivre.
3 euros de l’heure, voire rien du tout, promesses non tenues, conditions de travail
déplorables…
plusieurs affaires récentes révèlent au grand jour les pratiques douteuses de certains employeurs qui
abusent d’une main d’ouvre venue de Pologne pour travailler sur des chantiers français. Trente et un ouvriers polonais, la plupart travaillant depuis 2 mois à la construction du tribunal de
Thonon-les-Bains (Haute-Savoie), sont en grève depuis lundi et occupent le chantier pour obtenir que leur employeur, un sous-traitant allemand, verse leurs salaires. "Nous n'avons touché que des
acomptes et nous ne pouvons pas rentrer chez nous en Pologne à Noël car nous ne sommes pas payés", a expliqué à l’AFP l'un des grévistes, Iacek. Une immense banderole ornée de sapins a été
installée sur le chantier avec la mention: "Nous sommes au palais de justice et nous voulons que justice soit faite - Grève de la faim - Solidarnosc". Selon l'avocat des grévistes, Me Wladyslaw
Lis, le chantier de construction du tribunal a été remporté par Dumez, qui a fait appel à des sous-traitants, notamment la société Adonis Rénovations à Sciez (Haute-Savoie), qui a elle-même fait
appel à une société allemande, Dashi, basée à Düsseldorf. Cette société a recruté des ouvriers en Pologne pour poser des cloisons et des faux plafonds. "Pour travailler en France, ces hommes ont
besoin d'un permis mais plusieurs d'entre eux sont immatriculés en Allemagne comme artisans, ce qui leur donne le droit de travailler", explique l'avocat. "On leur avait promis 10 euros de
l'heure, mais ils n'ont reçu que des acomptes allant au maximum à 800 euros alors qu'ils avaient travaillé 160 à 200 heures par mois. Ils sont méfiants car ils ont appris que d'autres Polonais
qui avaient travaillé sur le chantier d'un hôtel de luxe à Evian (Haute-Savoie) n'avaient jamais reçu la totalité de leurs salaires", explique Me Lis. Une porte-parole d'Adonis, Valérie Thillou,
confirme que "ces Polonais sont des artisans déclarés en Allemagne depuis plusieurs mois et ils ont le droit de travailler en France". "On a leurs papiers et nous sommes à jour de nos versements
à Dashi, c'est donc un problème qui concerne l'entreprise allemande", ajoute-t-elle. Du côté de l'inspection du travail, on indique qu'une "enquête est en cours". A Thonon, la solidarité avec les
grévistes commence à se manifester, des habitants leur apportant des plateaux repas. 3,30 euros de l'heure Un pu plus au Sud, sur la Côte d'Azur, deux entrepreneurs turcs qui employaient six
ouvriers polonais payés 3,30 euros de l'heure sur des chantiers de construction ont été arrêtés lors d'un coup de filet et entendus par la justice. L'affaire est partie d'une banale enquête de la
brigade de recherches de la gendarmerie de Cannes (Alpes-Maritimes) sur un trafic de voitures volées en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Une voiture volée et maquillée a été repérée chez les
deux gérants turcs d'une société de travaux. L'enquête a également mis en évidence qu'ils employaient des manoeuvres polonais payés une bouchée de pain : 3,30 euros de l'heure, soit à peine plus
de 500 euros par mois, là où à travail égal un salarié doit percevoir en France entre 1.200 et 1.500 euros mensuels. De plus, ils étaient logés dans des conditions déplorables et s'entassaient
dans des tentes dressées dans un entrepôt ouvert aux quatre vents. A Marseille, début décembre, cinq personnes avaient été mises en examen pour avoir employé depuis le début de l'année une
trentaine d'ouvriers polonais, payés 4 euros de l'heure et logés dans des conditions rudimentaires sur les chantiers de construction.